Le bilan masculin
L'ensemble de ces examens a pour but de rechercher des anomalies du couple afin d'adapter au mieux la prise en charge thérapeutique.
Examens de première intention :
Le spermogramme:
La réalisation
C'est l'examen de référence. Réalisé après un délai d'abstinence de 2 à 7 jours, il évalue le nombre, la mobilité et la vitalité des spermatozoïdes contenus dans le sperme.
Il est interprété selon les normes de l'OMS 2021 et permet d'apprécier les chances de grossesse en évaluant les facteurs les plus importants que sont la numération et la mobilité des spermatozoïdes.
Le respect du délai d'abstinence est important car il permet de garantir la validité des résultats. Trop court ou trop long il va modifier les paramètres les plus intéressants que ne seront plus interprétables.
De nombreux facteurs influent sur la qualité du sperme. L'OMS recommande la réalisation de 2 à 3 spermogrammes, réalisés à 2-3 mois d'écart pour effectuer un bilan de fertilité masculine.
L'interprétation
Quand les valeurs observées ne sont pas normales, vous retrouverez une certaine terminologie en conclusion. On parle d'asthénozoospermie, d'oligozoospermie… Vous retrouverez ces termes dans notre glossaire. N'hésitez à vous rapprocher de votre prescripteur ou d'un biologiste du centre pour interpréter vos résultats.
Le spermocytogramme:
apprécie la morphologie des spermatozoïdes. Les résultats sont rendus selon la classification internationale de Krüger. Si le pourcentage de spermatozoïdes typiques est insuffisant, on parle de tératozoospermie.
Une tératozoospermie isolée (non associée à une baisse de la numération et/ou de la mobilité) est un facteur d'infertilité.
Le plus souvent il s'agit d'une forme polymorphe (les spermatozoïdes anomaux présentent tous des anomalies différentes).
Parfois il s'agit d'une anomalie monomorphe. Celles-ci font l'objet d'une conclusion et d'une prise en charge spécifiques.
La tératozoospermie seule ne doit pas présager de la technique d'AMP à utiliser (Gatimel et al. 2025). C'est le test de migration survie (couplé au reste de vos résultats) qui permet d'apprécier la technique d'AMP réalisable.
Examens avant AMP :
Il s'agit des examens indispensables avec une insémination ou une FIV +/- ICSI, même si le spermogramme est normal.
Test de migration et survie (TMS) :
il permet de simuler le passage des spermatozoïdes du vagin vers l’utérus. Il va sélectionner les spermatozoïdes les plus mobiles et va les activer, notamment en vue de l’insémination.
La spermoculture:
fait partie du bilan pour exclure une éventuelle infection au niveau génital. Elle est nécessaire en prévision des actes d'AMP.
Examens de deuxième intention :
Il s'agit des examens à réaliser quand le spermogramme est perturbé de manière importante ou selon certains symptômes.
Bilan hormonal:
FSH, LH, testostérone, inhibine B évaluent l’action du cerveau et la réponse du testicule en retour.
Echographie :
Cet examen d'imagerie est réalisé pour éliminer analyser les testicules ou des épididymes notamment. Il évalue leur taille, volume, recherche l'absence de kyste, tumeur, calcification… Le doppler recherche également une varicocèle (varices d'une veine spermatique).
Biochimie du plasma séminal:
est réalisée dans le cadre d'un bilan d'azoospermie. L'étude des différents marqueurs concourt à différencier azoospermie sécrétoire (le testicule ne contient pas ou peu de spermatozoïdes) et azoospermie excrétoire (le testicule contient des spermatozoïdes, mais un obstacle ou l’absence de canaux excréteurs empêche de les trouver dans le sperme).
Caryotype :
Cet examen permet l'étude des chromosomes (contiennent l’ADN, support de l’hérédité). L'étude du caryotype est proposée aux hommes présentant une azoospermie sécrétoire ou non obstructive, une oligospermie sévère (<5M/ml) ou chez des sujets ayant des antécédents familiaux de troubles de la reproduction.
Recherche de mutation du gène CFTR :
est proposée pour tous les patients présentant une azoospermie excrétoire (obstructive) ou des symptômes de mucoviscidose.
Recherche de micro-délétion du chromosome Y :
est proposée en cas d’oligospermie sévère (<1M/ml) ou d’azoospermie. Le gène AZF analysé est nécessaire à la production de spermatozoïdes.
Analyse de l'exome :
est proposée en cas d’oligospermie sévère (<1M/ml) ou d’azoospermie quand les études du caryotype et de micro-délétion du chr Y sans anomalie. Il s'agit de l'étude des parties codantes du génome. Il permet d'abord de comparer les gènes connus comme étant à l'origine d'un trouble de la spermatogénèse. Si aucune modification génétique n'est trouvée, l'ensemble des exons sera alors analysé dans l'espoir d'identifier un ou plusieurs gènes pour pourraient altérer la production de spermatozoïdes.
Fluorescence par Hybridation In Situ (FISH) :
La FISH est réservée à des indications très particulières: anomalies génétiques connues, fausses-couches à répétitions, interruption médicale de grossesse pour pathologie génétique...